Startups : “La French Tech et l’Israel Valley ont besoin l’une de l’autre”

Avi Hasson, le Chief Scientist du ministère de l’Economie et de l’Industrie israélien, explique les défis de la scène startups de son pays pour les deux prochaines décennies. (Crédits : D.R)

Présent lors de la troisième Journée de l’innovation franco-israélienne, Avi Hasson, l’expert scientifique en chef du ministère de l’Economie et des Finances israélien, s’est confié à La Tribune sur les défis de la “startup nation” dans les deux prochaines décennies et l’importance des partenariats avec la France.

Depuis 2011, Avi Hasson est la tête pensante de la stratégie d’innovation israélienne. Cet ancien du programme d’élite militaire Talpiot, qui a passé vingt-cinq ans dans le secteur privé en tant qu’investisseur, est désormais le Chief Scientist, c’est-à-dire l’expert en chef, du ministère de l’Economie et de l’Industrie israélien.

Sa mission : stimuler l’innovation dans tous les secteurs de l’économie, des industries traditionnelles aux startups du numérique. Présent à Paris le 6 avril à l’occasion de la troisième édition de la Journée de l’innovation France-Israël, Avi Hasson a milité pour davantage de partenariats entre la French Tech et la Silicon Wadi, deux écosystèmes qui ont beaucoup en commun, mais qui s’ignorent toujours. Il explique à La Tribune les défis de la scène startup israélienne pour les deux prochaines décennies. Entretien.

LA TRIBUNE – Israël est depuis vingt ans le deuxième écosystème d’innovation dans le monde derrière la Silicon Valley de San Francisco. Mais aujourd’hui, le paysage évolue. De nouveaux écosystèmes se développent très rapidement en Asie, en Europe, en Amérique du Sud, en France aussi. Comment Israël peut-il conserver son leadership dans ce contexte ?

AVI HASSON – Partout dans le monde, de l’Australie au Chili en passant par le Japon, le Canada et tout ce qui se trouve au milieu, de nouveaux écosystèmes d’innovation grandissent et se développent à grande vitesse. C’est impressionnant. Cela montre que les Etats ont compris l’importance de l’innovation dans le développement de l’économie. Pour un écosystème mature comme celui d’Israël, cette nouvelle donne est à la fois une menace et une opportunité. La menace est évidente, car la compétition s’intensifie et il est plus difficile de se distinguer, à la fois pour les entreprises et pour les Etats.

Comment gérer cette situation ? Je vois deux solutions. La première est de courir encore plus vite en conservant notre avance dans l’innovation, dans la recherche et le développement, de manière à poursuivre le dynamisme que nous connaissons en interne depuis plus de vingt ans. La deuxième solution est de comprendre que cette compétition représente aussi une opportunité pour les startups et le gouvernement israélien de nouer des partenariats. Rien n’est plus important que la collaboration pour rester innovant, surtout en 2016. Cela s’applique autant aux entrepreneurs qu’aux investisseurs et aux Etats.

Justement, la France et Israël se rapprochent depuis quelques mois. Des partenariats sont prévus dans le domaine de la santé, la French Tech Tel-Aviv est en place depuis quelques jours et les deux pays appellent à un rapprochement de leurs deux écosystèmes d’innovation… En quoi la French Tech et la Silicon Wadi sont-ils complémentaires ?

La réalité est que nous avons besoin l’un de l’autre. Comme Israël, la France dispose d’une excellente recherche, d’ingénieurs de qualité, d’entrepreneurs créatifs et de belles startups. Et nos deux écosystèmes ont besoin de grandir. Or, il existe aujourd’hui un réflexe de se tourner vers les Etats-Unis, mais peu vers Israël. L’idée sous-jacente derrière cette volonté de collaboration est d’ouvrir le champ des possibles. De développer des partenariats dans la recherche, d’encourager les entrepreneurs, les investisseurs, les capitaux-risqueurs et les grands groupes -qui doivent eux-aussi innover pour perdurer-, à prendre conscience des opportunités de business en Israël, et vice-versa. Pour créer ce réflexe, il faut intensifier les partenariats et faire preuve de pédagogie auprès du monde économique.

Je tiens à préciser qu’en Israël, cette culture de la coopération est présente depuis longtemps. Nous avons commencé avec les Etats-Unis, dès 1977, mais aujourd’hui, nous avons des accords bilatéraux avec des pays du monde entier. L’Europe s’impose déjà comme notre partenaire privilégié depuis vingt ans, mais pas suffisamment dans la high tech. Des entreprises israéliennes sont intéressées à l’idée de travailler avec les entreprises françaises, et inversement, dans tous les domaines, que ce soit dans la santé, le mobile, l’informatique, la cybersécurité… Pour l’heure, de telles synergies sont trop rares, il faut donc les stimuler.

Source : Startups : “La French Tech et l’Israel Valley ont besoin l’une de l’autre”

Both comments and pings are currently closed.
Powered by WordPress | Download Free WordPress Themes | Thanks to Themes Gallery, Premium Free WordPress Themes and Free Premium WordPress Themes
WP Facebook Auto Publish Powered By : XYZScripts.com